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Un entraîneur a un esprit de compétition au moins aussi développé (sinon plus!) que ses athlètes et son équipe. Il veut les conduire à la victoire, cependant par rapport à eux il a un handicap majeur : quand les athlètes entrent en scène, il ne peut pas performer à leur place! Il lui arrive donc de se sentir impuissant et de vivre de la frustration face à certaines situations, comme une contre-performance en compétition.

Dans mon coaching, j’ai vécu cette situation de nombreuses fois et au fil des ans, j’ai développé des trucs pour y faire face. Voici 3 stratégies qui m’aident à demeurer calme et concentrée pour guider mes athlètes dans les moments critiques.

Se libérer de l’ego

Quand ton équipe ou ton athlète contre-performe, la première étape est de te détacher de ton ego.

Si tu vis du stress ou de la honte parce que tu te dis que les autres jugent ta performance d’entraîneur, c’est ton ego qui se manifeste. Quand l’athlète ou l’équipe ne performe pas à son plein potentiel, il arrive que cela entraîne une remise en question de l’entraîneur. Il est important de se rappeler que la performance de tes athlètes n’est pas le reflet de ta valeur en tant que coach.

Si tu vis de la frustration parce que tes athlètes sous-performent par rapport à l’entraînement, c’est aussi ton ego qui exprime ses attentes et qui essaie de contrôler ce qui est hors de son contrôle. Tu sais que ton athlète peut y arriver mais tu es frustré de ne pas voir le résultat attendu sur le terrain. Nous enseignons à nos athlètes à se concentrer sur les aspects du sport qu’ils contrôlent… cette même leçon s’applique aussi à nous-mêmes.

L’ego, cet aspect de notre personnalité qui inclut nos systèmes de croyances, nos règles morales et nos modèles de comportement, altère le jugement et ralentit le processus d’analyse. L’ego a un grand besoin de contrôle et, lorsqu’il n’est pas satisfait, il nous fait vivre des émotions de colère, de frustration, de peur et de stress.

Pour intervenir de façon optimale et efficace avec tes athlètes, la première étape est d’accepter la situation, c’est-à-dire admettre que ton équipe ou ton athlète se trouve présentement à un point X sur l’échelle de la performance. Cela veut dire cesser de te plaindre mentalement de la situation, arrêter de te dire que « ce n’est pas normal », ou que « on est meilleurs que ça. » Toutefois, l’acceptation n’est pas la soumission. Tu as probablement raison quand tu te dis que ton athlète pourrait faire mieux, mais nier la situation actuelle ne te mènera nulle part. L’acceptation te permet de rester calme et de passer à l’étape suivante, qui est l’analyse.

Pour te détacher de la situation, tu veux observer tes athlètes en t’impliquant le moins possible émotionnellement. Lorsque tu visionnes des vidéos d’autres athlètes ou d’autres équipes, il est souvent plus facile d’identifier les points forts et les points faibles, et ce qui pourrait être amélioré. Durant un match, tu pourrais imaginer que l’équipe qui se trouve devant toi n’est pas ton équipe. Tu t’en détaches et tu l’observes en mettant de la distance entre elle et toi.

Donner une direction

Une fois que tu t’es positionné en observateur de ton athlète ou de ton équipe, tu es alors en mesure d’analyser beaucoup plus clairement la situation. Avec calme, sang-froid et lucidité.

Lorsque mes athlètes sous-performent, j’ai appris à me poser les questions suivantes :

  • Y a-t-il une composante physique ou mentale qui affecte la performance de mon athlète / équipe? Est-ce un problème technique, tactique, ou stratégique?
  • Qu’est-ce que je pourrais faire pour renverser la situation?
  • Comment mon athlète ou mon équipe pourrait-il/elle utiliser ses forces à son avantage? Sur quoi devrait-il/elle diriger son attention et son énergie?
  • Comment pourrais-je obliger l’adversaire à modifier son jeu pour s’adapter?

Chaque obstacle, chaque difficulté, chaque contre-performance, chaque défaite est un apprentissage. Quelle leçon puis-je tirer de cette situation? Qu’est-ce qu’elle m’enseigne?

Très souvent, nous identifions plusieurs problématiques… mais il est très difficile d’établir des priorités. Les entraîneurs qui arrivent à renverser la situation en compétition choisissent d’apporter UN ajustement, un changement, et misent sur cet aspect. Avec le temps, ils développent un fort instinct pour choisir la bonne carte. Il ne sert à rien de vouloir tout modifier, de chercher à régler toutes les problématiques en même temps. Cela ne fera qu’empirer la situation. Les athlètes doivent savoir exactement sur quoi se concentrer. Et même si tu choisis la mauvaise carte, le fait d’avoir donné une direction commune pourrait tout de même jouer en ta faveur.

Il y a quelques années, lors d’un tournoi d’ultimate aux États-Unis, nous perdions un match 7-12 (victoire à 15 points). Chaque victoire nous permettait de jouer le match suivant, et une défaite nous éliminait du tournoi. Depuis quelques points, j’étais nerveuse, concentrée sur la victoire et sur les conséquences de la défaite. À 7-12, j’ai respiré et lâché prise. J’ai d’abord accepté l’éventualité de la défaite. J’ai alors senti la pression quitter mes épaules. Puis, je me suis concentrée sur la recherche de moyens pour déstabiliser l’adversaire. J’ai observé les comportements de l’équipe adverse, son attitude et ses forces, dans le but de trouver la faille.

J’ai tiré certaines conclusions qui m’ont amenée à modifier la stratégie défensive de mon équipe : alors que l’équipe adverse attaquait beaucoup les lignes, nous avons forcé les lanceurs à attaquer au milieu du terrain. Nous avons marqué un point : 8-12. J’ai rassemblé mes joueurs et je leur ai fait remarquer l’efficacité de la stratégie défensive sur ce point. De retour sur le terrain, nous avons marqué les deux points suivants : 10-12. À ce moment précis du match, les joueurs étaient alors convaincus que la stratégie défensive pouvait nous faire gagner. Le vent avait tourné : ils avaient regagné confiance et retrouvé l’intensité et la concentration requises pour performer. Résultat final : nous avons remporté le match 15-14.

Est-ce que la nouvelle stratégie défensive était vraiment LA solution à notre problème? Peut-être. Peut-être pas. L’important, c’est que cette stratégie nous a donné un nouvel objectif derrière lequel se rassembler et chacun y a cru. C’est ce qui a fait la différence.

Provoquer les difficultés et les échecs

Lorsqu’ils vivent des difficultés, nous enseignons à nos athlètes que l’échec fait partie du succès. Que chaque obstacle nous enseigne une leçon qui, si elle est apprise, nous propulse vers l’avant. Michael Jordan, avec sa célèbre citation, affirme qu’il a raté 9000 lancers dans sa carrière, qu’il a perdu 300 matchs, et qu’à 26 reprises son équipe a perdu le match pour lequel il avait été désigné pour marquer le point gagnant. Dans cette vidéo intitulée Fail early, fail often, fail forward (échoue tôt, échoue souvent et échoue vers l’avant), Will Smith explique l’importance d’apprivoiser l’échec.

Pourtant, en tant qu’entraîneur nous cherchons constamment à protéger nos athlètes de l’échec. Pourquoi? Pour nous épargner des émotions désagréables? Pour éviter que nos athlètes se retournent contre nous? Pour ne pas avoir à gérer les émotions des autres?

Personnellement, à l’entraînement et en match, j’ai appris à réviser ma façon d’aborder la contre-performance, les erreurs et les défaites. Aujourd’hui, je les accepte comme faisant partie d’un processus. Toutefois, je m’assure que chacun en tire une leçon qui va faire de lui un athlète avisé et plus performant dans le futur.

Quand on observe une contre-performance de la part de nos athlètes, il est possible que cela nous indique que l’on a surprotégé nos athlètes à l’entraînement. En pratique, il y a un temps pour apprendre et perfectionner, et il y a un temps pour pousser les athlètes à plonger dans l’action, et ce même s’ils ne sont pas tout à fait prêts (lire mon article sur l’état d’esprit fonctionnel). Si tes athlètes ont performé dans un environnement trop contrôlé en pratique n’ont pas suffisamment fait face à des situations complexes, il est possible que tu observes une contre-performance en compétition.

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Regarder droit devant

L’entraîneur est un leader. Et être un leader, c’est transférer du pouvoir à tes athlètes. Leur offrir tous les outils dont ils ont besoin pour qu’ils soient maîtres de leur performance. Après une défaite, tes athlètes ont besoin d’avoir un nouvel objectif et une direction vers laquelle se tourner. Il est alors important de prendre le temps de revenir sur les objectifs de processus mis en place pour la compétition, d’expliquer la défaite et de donner de nouveaux objectifs, des moyens de rebondir face à l’adversité. Lorsqu’un athlète sait ce dont il a besoin pour revenir en force, alors il pourra tourner la page, demeurer motivé et poursuivre sur sa lancée.

Face à toute situation difficile et face à l’échec, notre premier rôle d’entraîneur est donc de demeurer un leader et un guide. La plupart du temps, nos athlètes adopteront l’approche que nous leur enseignerons – non pas verbalement mais dans notre attitude non-verbale. Notre niveau de préparation mentale en tant qu’entraîneur est donc un volet très important de la performance de l’athlète… ce qui fera certainement l’objet d’un article à venir!

 

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